Le 2 juin 2026, Healthcare Loire Valley a célébré ses cinq ans à Tours devant plus de 85 participants venus de la santé, de l’industrie et des institutions régionales. Vingt entreprises adhérentes y ont présenté leurs innovations, et ACKWA a pris la parole aux côtés de PILLQARE sur la santé numérique, pour exposer sa vision des parcours de soins complexes et la manière dont HPlanner, notre logiciel de programmation des séjours, aide les établissements à les organiser.
Pour un hôpital, une clinique ou un établissement de soins médicaux et de réadaptation, le sujet n’a rien de théorique. Les prises en charge se fragmentent entre l’hospitalisation de jour, le domicile et les services de soins, et chaque transition mal anticipée se paie en lits bloqués, en appels téléphoniques et en temps soignant perdu. Voici ce que nous avons partagé ce soir-là, et pourquoi ces parcours demandent autant d’outils que d’accompagnement.



Healthcare Loire Valley, cinq ans au service de la filière santé régionale
Créée le 19 mai 2021, Healthcare Loire Valley est une association indépendante qui fédère les acteurs des technologies médicales en Centre-Val de Loire : fabricants de dispositifs médicaux, éditeurs de logiciels, bureaux d’ingénierie et prestataires de services de santé. Le réseau revendique aujourd’hui plus de soixante entreprises adhérentes. Sa soirée anniversaire a réuni des représentants de la Région, de Tours Métropole Val de Loire, de Bpifrance, de la CCI Touraine et de l’Université de Tours, signe que la santé est devenue une filière stratégique pour le territoire.
Pour un éditeur e-santé tourangeau comme ACKWA, l’intérêt du réseau est très concret. Il rapproche des entreprises qui, chacune de leur côté, travaillent pour les mêmes établissements, et il permet de confronter nos outils aux contraintes des industriels comme à celles des soignants. C’est aussi un lieu où naissent des projets collaboratifs, à l’image du pitch commun que nous avons présenté avec PILLQARE : deux approches complémentaires du numérique en santé, pensées pour le terrain plutôt que pour la vitrine.
La présence d’éditeurs de logiciels dans un réseau historiquement tourné vers les dispositifs médicaux n’a rien d’anecdotique. La frontière entre matériel et logiciel s’efface : selon sa finalité, un logiciel peut lui-même être qualifié de dispositif médical au sens du règlement européen 2017/745, et la plupart des équipements produisent désormais des données qui doivent circuler vers le dossier patient ou les outils de pilotage. Industriels et éditeurs ont donc intérêt à travailler ensemble dès la conception, plutôt que de laisser aux établissements le soin de faire dialoguer des outils qui s’ignorent.
Pourquoi les parcours de soins complexes se multiplient
Un parcours de soins complexe mobilise plusieurs équipes, plusieurs lieux et plusieurs temporalités pour un même patient. Il ne se résume plus à une hospitalisation complète suivie d’une sortie : il enchaîne des venues en hôpital de jour, des séances programmées, des périodes au domicile, parfois un passage en soins médicaux et de réadaptation. L’oncologie de jour et la thérapie orale en sont l’exemple le plus parlant, car chaque cure dépend de résultats biologiques, d’une préparation en pharmacie et de la disponibilité d’un fauteuil au bon moment.
L’hospitalisation à domicile illustre la même évolution. Selon la DREES, elle a pris en charge 184 500 patients en 2024, pour environ 7,7 millions de journées. Les patients de 65 ans ou plus représentent 58 % des séjours, et plus de la moitié des patients sont désormais admis directement depuis leur domicile, contre un peu plus d’un tiers en 2019. Le soin se déplace vers le domicile, mais la coordination, elle, reste à organiser entre l’hôpital, les professionnels de ville et les structures d’aval. Dans les SMR, la difficulté est comparable : les séjours sont longs, les dates de sortie évoluent avec l’état du patient, et la disponibilité d’un lit dépend souvent de ce qui se passe ailleurs.
Ce qui rend ces parcours difficiles à piloter, ce n’est pas seulement leur longueur, c’est la dispersion de l’information. En oncologie de jour, une même venue dépend de l’agenda du médecin, de la validation des résultats biologiques, de la préparation par la pharmacie et de la disponibilité d’un fauteuil et d’une infirmière. Quand chacun de ces éléments vit dans un outil différent, les décalages se traduisent par des patients qui attendent, des fauteuils vides en fin de matinée et des équipes qui passent une partie de leur journée au téléphone. Le problème n’est pas le manque de compétences, mais l’absence d’une vue commune de l’activité à venir.
HPlanner : programmer les séjours plutôt que les subir
C’est sur ce terrain que nous avons présenté HPlanner. Le logiciel donne aux équipes une vision prévisionnelle de l’occupation des lits et des places, programme les séjours et les préadmissions, gère les protocoles de soins et les agendas des praticiens, puis suit chaque patient de l’admission à la sortie. L’objectif n’est pas d’ajouter un écran de plus, mais de rassembler une information aujourd’hui dispersée entre des tableurs, des cahiers et des appels, afin que chacun voie les mêmes entrées à venir et les mêmes sorties probables.
Les établissements qui l’utilisent l’ont adapté à leurs propres parcours. Le Centre Hospitalier de Vichy a fait développer deux modules dédiés à l’oncologie de jour et à la thérapie orale, pour planifier les cures, anticiper les besoins et sécuriser les circuits de chimiothérapie. Le Centre de Convalescence Gériatrique de Fontaine-lès-Dijon pilote ses parcours en SMR gériatrique avec la même solution, avec une attention particulière portée aux séjours qui s’écartent de la trajectoire attendue. Dans les deux cas, le travail de paramétrage avec les équipes a compté autant que le logiciel lui-même.
Au quotidien, cette vision partagée change la manière de travailler. Les cadres de santé préparent la semaine à partir des entrées programmées et des sorties prévues, plutôt que de découvrir la situation le matin même. Les séjours qui s’allongent au-delà du prévisionnel apparaissent avant de bloquer l’activité, ce qui laisse le temps d’organiser l’aval. Les données collectées alimentent enfin des indicateurs simples, taux d’occupation, durées de séjour ou délais de programmation, utiles aux réunions de gestion des lits comme aux échanges avec la direction et l’agence régionale de santé.
Nos choix techniques : souveraineté, interopérabilité et IA utile
Nous avons aussi détaillé les choix techniques qui guident nos développements. Le premier est la souveraineté numérique : nous privilégions l’open source et des hébergements maîtrisés en France. ACKWA n’est pas elle-même hébergeur de données de santé ; lorsque des données de santé sont en jeu, nous nous appuyons sur OVHcloud, hébergeur certifié HDS, et sur des pratiques de cybersécurité adaptées aux exigences des établissements. Le second est l’interopérabilité, avec les standards HL7, FHIR et le profil IHE PAM, pour que HPlanner échange avec le système d’information hospitalier au lieu d’obliger les équipes à ressaisir.
Le troisième choix concerne l’intelligence artificielle, que nous utilisons bien au-delà des seuls grands modèles de langage. Elle sert par exemple à estimer des durées de séjour ou à proposer des placements, à partir des données que l’établissement produit déjà. Encore faut-il que ces données soient propres, cohérentes et tenues à jour : c’est souvent là que commence l’accompagnement, avant toute promesse d’algorithme. L’ambition reste la même depuis le début du projet : rendre du temps aux soignants plutôt que leur ajouter des tâches.
Un éditeur e-santé à Tours pour accompagner vos parcours de soins
Cette soirée a confirmé l’intérêt d’un écosystème régional où industriels, éditeurs et établissements se connaissent et travaillent ensemble. ACKWA, installée à Saint-Avertin aux portes de Tours, conçoit et déploie des solutions numériques pour les hôpitaux, les cliniques, les SMR et les établissements médico-sociaux de Centre-Val de Loire et d’ailleurs. Nous intervenons du cadrage des besoins à la formation des équipes, avec un interlocuteur unique qui connaît vos contraintes de terrain.
Pour découvrir le logiciel, consultez la page HPlanner ou notre retour d’expérience sur le déploiement en SMR gériatrique. Si vous préparez un projet, notre article sur les contraintes d’une application e-santé pose les bonnes questions, et nos offres d’accompagnement et de formation aident à les traiter. Pour en parler directement, contactez notre équipe e-santé.
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